Expression picturale
L'artiste-Vigneron parle d'expression picturale plutôt que de peinture. Une peinture qu'il veut : "désintellectualisée, libérée de toutes tendances, des modes, des courants d'idées, libérée aussi du carcan des techniques. Il suffit de maîtriser le geste et de s'exprimer ; l'œuvre d'art peut alors refléter les états d'âme et les coups de cœur de l'artiste, liés à son être et simplement à sa vie.
La peinture, sans préjugé, sans à priori, ni artifices, redevient simplement, à l'instar des premiers graphismes de l'enfant et des peintures rupestres, un acte naturel et spontané lié à la nature même de l'artiste,"
René Herpe, qui peint essentiellement des personnages, quitte à les intégrer dans un paysage, se laisse porter par sa toile. "Je peins comme je parle !" avoue-t-il en soulignant qu'il tend aujourd'hui vers l'abstraction : "J'y arriverai un jour mais je ne veux pas tomber dans la facilité."
Curieux bonhomme que ce peintre-paysan qui marmonne des jours durent des toiles dans sa tête et qui confesse sans rire "ne pas aimer la peinture !" Etrange démarche que l'on qualifiera au choix d'iconoclaste ou de naïve tant les réponses lapidaires qu'il fournit paraissent couler de source. L'homme semble attiré par le vide des situations qu'il provoque. N'a-t-il pas quitté sur un coup de tête son métier d'éducateur spécialisé doublé de professeur de dessin pour rejoindre les Hautes Corbières et planter de la vigne ? Histoire de faire mentir les économistes qui prédisaient la mort du secteur...
Le vide et l'infini se côtoient dans les toiles qu'il expose, des tableaux qui évoquent des ambiances, des mouvements. Les paysages à forte profondeur de champ, zébrés de lignes obliques, campent le décor. "Je ne me prends pas la tête avec ma peinture, rétorque René Herpe tirant de grandes bouffées de la cigarette qu'il vient de rouler. C'est vrai que mes oeuvres s'apparentent à des grossesses nerveuses, à des accouchements de toiles ..."
Anticonformiste tant par raison que par vocation, René Herpe n'est pas adepte des galeries qui exigent rendement et délais. La peinture intensive n'est assurément pas son "cep de vigne".
Sa première aquarelle, il l'a exécutée à 7 ans, mais il avoue peindre "sérieusement" depuis l'âge de 17 ou 18 ans.
Débarrassé des contingences de la technique et de l'artifice du maniement du pinceau acquis au bout d'un quart de siècle de pratique, l'homme s'est installé il y a longtemps sur les hauteurs, à Durban Corbières.

 

Analyse Artrinet de l’œuvre de HERPE René

MES AMIS
Claudie CAPDEVILLE
http://www.claudie-capdeville.com

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